Petite histoire d’une coureuse ordinaire

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Programme d’entraînement pour le Marathon de Montréal en 1983. On reconnaît le style graphique de l’époque !

Enfant, j’étais très sportive mais la course, euh, je ne l’avais vraiment pas. Après une minute, j’avais déjà des crampes et zéro endurance, J’en ai donc conclu rapidement que ce n’était pas fait pour moi. Puis à l’âge de 20 ans, alors que le Marathon de Montréal est à un pic de popularité, je me dit, ce serait cool d’essayer cette distance mythique. Je commande donc  le programme d’entraînement par la poste, achète des Nike Air couleur vieux rose avec les shorts et le maillot agencés et je me lance directement avec le programme B des expert qui dure 26 semaines. Au bout de deux mois, je cours déjà 35 à 40 km par semaine. C’est grisant les endorphines oulala ! Puis, ce qui devait arriver arriva : une blessure. Je ne réalise pas à ce moment que ce programme est beaucoup trop rapide pour quelqu’un qui n’a jamais couru de sa vie. Malgré quelques semaines de repos, rien à faire, le mal revient tout le temps. J’opte donc pour le gym et je brûle mon énergie dans des cours d’aérobie, circuits de musculation et appareils de cardio.

À l’arrivée des enfants, une entreprise à gérer, un conjoint aux horaires variés et pas beaucoup de possibilités de faire garder la progéniture, je pousse l’entraînement en gym de côté, me limitant aux randonnées. Juste les impératifs de la vie de famille est une course en soi ! Mais l’envie de reprendre la course me tenaille. Je m’y remet donc à 45 ans avec le même programme mais la «section A» des débutants que j’adapte selon mon intuition et sans objectif de marathon. Après 9 mois sans blessure, ça va bien mon affaire. Je me sens plus en forme que jamais et je recommence à rêver de marathon, mais sans date précise. Puis un malheur frappe la famille, mon fils le plus jeune tombe gravement malade. Pendant 2 ans je fais la navette entre l’hôpital, la maison, le boulot et le hockey (pour l’autre fils qui heureusement obtient son permis de conduire la deuxième année). Exit la course, ma priorité est ailleurs.

Marathon des deux rives 2012

La fameuse pancarte, signée en plus !

Une fois la santé de mon fils sécurisé et la fatigue passée, je me remet à la course mais cette fois-ci avec un entraîneur personnel qui me construit des programmes sur mesure chaque semaine. À 48 ans, je veux courir aussi longtemps que la santé me le permettra, idéalement 90 ans ou plus. Ainsi dix mois plus tard je cours mon premier demi-marathon avec absence de blessure. Pour un premier, le mot épreuve prend tout sons sens car la température ressentie est alors de 38 degrés et aucune ombre sur le parcours. Ma grande fille adorée m’attend un peu inquiète à l’arrivée avec une pancarte et un bouquet de fleurs (je lui avais pourtant in-ter-dit de le faire). Mais le sentiment de fierté est immense et j’ai maintenant la piqûre pour vrai.

Après 4 ans de course sans interruption (11 demi-marathons, une multitude de 10 km et 5 km) et ce sans blessure, je me casse la cheville au départ d’une course de 5 km. Un accident tout ce qu’il y a de plus bête : un jeune garçon d’environ 10 ans, se faufile sans regarder entre les coureurs pour aller en avant. Je le vois foncer sur moi et en tentant de l’éviter ma cheville tord et fait un grand CLAC. Oh-Oh, je crois que c’est grave et le diagnostic le confirme : arrachement d’une partie de la malléole externe, plâtre requis. Toute une malchance ! La Mademobile devient la Madeimmobile et doit se déplacer en béquilles pour quelques semaines.

Tattoo de plâtre : La made immobile

Mon équipe du bureau et moi inventons le tattoo de plâtre. Mon orthopédiste est ébloui lors de rencontres de suivi et m’avoue n’avoir jamais vue quelque chose d’aussi beau en carrière. Dommage que l’on doive éventuellement le couper…

Les organisateurs de cette course, la plus vieille à Montréal, n’en reviennent pas. Jamais en 66 ans d’histoire pareille chose n’est arrivée. Le président de l’organisation se déplace lui-même chez moi pour m’offrir 2 laissers-passers pour des courses de la saison 2016. Cette petite attention me touche profondément car ce même moment de ma vie, je suis en processus de médiation pour ma séparation d’avec le père de mes enfants après 30 ans de vie commune. Avec la business à gérer et la fatigue psychologique je peine à me remettre à la course. En juin je reprend enfin du service, avec 2 événements déjà à mon actif, mais sans record personnel on s’entend.

Un marathon un jour ? Je ne sais pas, tout ce qui m’importe pour le moment c’est de courir pour le plaisir et dans de beaux environnements. Ça tombe bien, c’est l’été !

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