L’amour 2.0 : chercher une aiguille dans une botte de foin

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Se retrouver femme célibataire à 53 ans et espérer un jour partager sa vie avec un homme qui nous convienne représente un défi de taille dans notre monde où tout va vite. Et dans mon cas, je suis consciente que ma candidature peut faire peur à certains : autonome, intense, pleine de passions, énergique, entrepreneure, habituée de prendre des décisions tant professionnelles que familiales, chef de famille pendant plus de 30 ans. L’entonnoir devient encore plus restreint.

Les encouragements décourageants

Nos proches, qui nous aiment sincèrement tentent alors de nous encourager avec des phrases comme celles-ci :

— Tu es belle, intelligente, en super forme, tu ne parais pas ton âge, je ne suis pas inquiète pour toi.
Ah oui ? Moi si ! Vraiment.

— Donne-toi du temps.
Bin non toi, justement j’en ai plus tant que ça du temps. Tsé le concept de l’«urgence de vivre», ça prend tout son sens à partir de 50 ans.

— Tu verras ça, arrive quand on s’y attend le moins.
Au contraire, je crois qu’il faut y mettre de l’effort. Mon entreprise étant basée à la maison, je n’ai pas l’opportunité de rencontrer beaucoup de gens. Il faut justement que je les cherche ces opportunités. Et je suis trop terre à terre pour penser qu’un bel inconnu me tombera dans les bras comme dans les films. Peut-être devrais-je me remettre à croire au Père Noël ?

Alors mes amis, voici quelques suggestions :
— Bonne chance, je te souhaite du fond du cœur que ton rêve se réalise.
— Je sais que ce n’est pas facile pour les femmes passé 50 ans mais tout est possible.

Où cherche t-on ? 

La question se pose. Il y a plusieurs options allant des sites de rencontres, à des événements de speed dating, des rencontres sportives ou événements et clubs de célibataires. Mais quand on dispose de peu de temps, les réseaux offerts sur le web demeurent probablement la meilleure solution. Mais attention, il faut devenir aguerrie rapidement et savoir détecter l’arnaque car on peut perdre un temps fou. Et il faut gérer son temps de façon raisonnable aussi car on peut devenir complètement accro.

Ma petite histoire

Ma première expérience avec les réseaux débute 2015 après la fin d’une relation de 30 ans avec le père de mes enfants. Au deuxième candidat, bingo ça fonctionne. La chance du débutant ? Probablement. Je rend aussitôt mon profil inactif même si j’ai payé pour 6 mois et je n’y retourne plus. Toujours est-il qu’après 15 mois de fréquentation sérieuse et même de projets d’avenir : la rupture survient, inévitable. Mon manque d’expérience m’aura finalement offert une relation de transition, ce qui en soi est une excellente chose. Cela m’aura permis de me reconnecter avec La Femme que j’avais mise de côté pendant tant d’années et de définir avec plus de précision ce que je souhaite chez un partenaire amoureux et surtout, ce que je ne veux plus. Je retourne donc à mon site et réactive mon profil rapidement.

Déterminée à dénicher Mon Homme de rêve — aussi imparfait soit-il, comme moi d’ailleurs — je m’inscris sur 2 autres réseaux, un qui suggère des «prospects» ayant un profil compatible au mien et un autre plus généraliste. Vous trouvez que trois c’est beaucoup ? C’est mon côté intense, je m’assume. Mais je ne suis pas dupe, j’ai maintenant un peu plus d’expérience derrière la cravate. D’ailleurs, j’abandonne les deux nouveaux rapidement dont le généraliste qui aura eu pour seul mérite de m’avoir offert un bon divertissement.

Parler de soi et se «vendre» dans ce contexte est assez difficile. Je rédige donc mon profil honnêtement, sans exagération et je met des photos récentes, pas question de tricher. Je constate avec désolation que beaucoup mentent sur toutes sortes d’aspects, c’est donc assez ardu de distinguer le vrai du faux. Et il y a des mensonges plus blancs que d’autres. Je remarque aussi qu’il est très rare de lire des profils personnalisés. Et quand cela arrive, cela capte mon attention instantanément. Dans la majorité des cas, les gens se décrivent en utilisant des formules proposées par le site ou bien ils multiplient les banalités et clichés convenus. Je lis aussi régulièrement des textes identiques par des candidats différents. On repassera pour la créativité !

Rions un peu…

Pour preuve que le ridicule ne tue pas, voici quelques-uns des extraits préférés de communications que j’ai reçues au cours de la semaine qui vient de passer, provenant principalement du site généraliste que j’ai abandonné.

Les passionnés :
Le feu brûle !
— On appelle le 911
Vous êtes fascinante !
— 4 photos, 3 paragraphes, fascinante imagination !
Avec des yeux comme les vôtres vous devez faire tomber les hommes un à un à vos pieds…
— Vite l’ambulance, j’ai mal aux pieds

Les mystérieux :
Et si…
— Si on passait à un autre appel…
En passant par là…
— Par où dites-moi ?
Une intuition…
— Comment une fiche de réseau peut-elle être intuitive ?
Peut-être que…
— Je déteste les «peut-être», next please !

Les marchands de rêves :
Aimeriez-vous rêver à deux de nouveau ?
— Non merci, je peux rêver toute seule.
Je suis à planifier un tour du monde ou à investir dans un pied à terre dans les Caraïbes, ça t’intéresse ? Je suis très sérieux.
— Bin oui toi, je vais cesser de travailler et partir avec un inconnu peut-être ?

Les super positifs :
Je remarque nous avons beaucoup de points en commun…
— Euh, ah oui ? Mis à part quelques sports et style musicaux. C’est un peu rapide comme conclusion me semble.
Tu ne trouves pas que nos fiches se ressemblent beaucoup ? C’est plutôt rare non ? 
— Y’a presque rien dans sa fiche, rare en effet !

Je me retrouve beaucoup dans le profil de l’homme que tu recherches…
— Eh bin, pourtant, je ne dis pas grand chose, 3 mini-paragraphes où je me décris un peu.

Les tutoyeux à tour de bras et les illettrés :
Je suis peut-être vieux jeu mais je vouvoie toujours une personne inconnue au premier abord. Le «tu» vient assez vite après mais bon.

Et je vous épargne les fautes de français horribles. Méchant rabat joie dans mon cas qui s’efforce de me relire encore et encore. La meilleure : je travail en aéraunothyque comme chef d’équipe.

L’heure du face-à-face

Lorsqu’il semble y avoir un nombre suffisant de compatibilités, je suis de celles/ceux qui pensent qu’un face-à-face rapide après quelques échanges écrits demeure encore la meilleure façon de valider s’il y a un attrait mutuel. Le non-dit, les regards qui se croisent, les gestes, la fluidité de la conversation, l’humour, la capacité d’écoute sont des indices déterminants dans l’éventualité d’une rencontre subséquente. Une rencontre courte dans un endroit public avec possibilité de rallonger un peu si les atômes crochus y sont. C’est toujours un peu stressant et malaisant car on se dit : et si c’était lui !

Prendre le temps, une bonne idée finalement !

Pour moi l’amour, le vrai, passe d’abord par l’amitié et surtout, de prendre le temps de connaître l’autre en toute confiance.

Dans notre monde de l’instantané, il est facile de succomber à ces réseaux et de chercher la perfection. Je sais pour preuve que plusieurs continuent leur magasinage même s’ils sont engagés en relation «sérieuse». Les offres pullulent mais ce qui définit chaque personne prend du temps à découvrir. Et j’espère un jour me piquer sur cette aiguille rare ! Pour l’instant, je profite de cette fin  d’été si magnifique.

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